• La checklist pour rendre vos textes vraiment inclusifs

    Les organisations engagées ont une responsabilité particulière : leurs contenus doivent être alignés avec leurs valeurs, et leur cible doit s’en rendre compte. Pourtant, même dans les ONG, les startups à impact ou chez les entreprenaires engagé·es, des angles morts persistent. Non pas par manque de conviction, mais parce que l’inclusion ne repose pas uniquement sur l’intention. Elle se joue dans les détails éditoriaux, les exemples choisis, les figures d’autorité mises en avant et les normes implicites que l’on reproduit sans les interroger. C’est précisément pour cela que j’ai créé une checklist « Votre texte est-il vraiment inclusif ? » Al s’agit d’un outil structuré pour relire vos textes avant publication à travers…

  • Le langage inclusif, c’est incompréhensible

    « Le langage inclusif, on n’y comprend rien. Et puis de toute façon, c’est pas accessible. » 😡 Ravi·e qu’on en parle. L’argument de l’accessibilité est très souvent mobilisé contre le langage inclusif. C’est précisément pour ça que, depuis deux ans, j’échange avec des spécialistes de l’accessibilité, et notamment du langage clair (coucou Alicia 👋). Alors regardons ça d’un peu plus près. 👉 Oui, le point médian est difficile à lire pour certaines personnes.Mais les études et les retours montrent que la majorité des lecteurices s’y habitue après quelques occurrences. 👉 Oui, les phrases à rallonge remplies de formulations épicènes peuvent être plus difficiles à comprendre.Parce qu’elles deviennent abstraites, pas…

  • Queer joy ou les traductaires concerné·es

    Je me remets lentement (mais sûrement) d’un mois cloué·e au lit à cause de la Covid. Mais bonne année, al est encore temps. 🥳 Pendant ces longues heures à cracher mes poumons, j’ai binge-watché la dernière saison de Queer Eye. Ça m’a encore une fois prouvé à quel point avoir des traducteur·rices concerné·es est essentiel pour traduire des contenus queers. Prenons un exemple très concret : dans un épisode, une personne non binaire parle avec une femme lesbienne de 70 ans du concept de « queer joy ». Pourquoi est-ce important de le traduire par « joie queer »  et pas par une formulation vague du type « être contente » ?…

  • Ma pratique des ligatures non binaires

    Ça, c’est ma bannière d’al y a un an, et j’utilisais la police post-binaire Baskervvol de la collective Bye Bye Binary. On peut y voir des ligatures, qui sont des fusions entre masculin et féminin. Le but : inclure les genres non binaires dans la typographie. Depuis, j’ai beaucoup évolué dans ma pratique : 💡J’ai quasiment abandonné les terminaisons fusionnées dans ma vie personnelle, parce que j’estime que la non-binarité n’a pas à être sur le spectre entre le féminin et le masculin (par exemple, j’utilise de plus en plus « traductaire » au lieu de « traducteurice ») 💡J’ai discuté avec des spécialistes de l’accessibilité, et décidé que je préfère être plus accessible et…

  • Je me suis (encore) fait corriger

    Je suis spécialiste en langage inclusif, pourtant je me suis (encore) fait corriger après avoir utilisé une expression problématique. 📤 Le message que j’ai envoyé : « Hello ! Voici la personne à laquelle j’avais pensé mais finalement elle me dit qu’elle n’aura surement pas assez de dispo pour faire un suivi sur l’année, mais que si tu peux lui donner plus d’infos elle connait des gens en outre-mer qui pourraient être intéressés » 📥 La réponse : « Alors juste « outre – mer » c’est hyper général parce qu’on est sur 4 océans avec 5 fuseaux horaires différents – le terme est pas décolonial du tout » 2 commentaires sur cette situation : 1.   Oui, nous allons nous…

  • Le point médian vous rend plus visible

    Le point médian vous rend plus lisibles. On entend souvent : « le point médian est difficile à lire ». Mais soyons honnêtes, les difficultés viennent surtout de la manière dont il est utilisé : ❌ 50 points médians dans une seule phrase❌ une logique typographique différente à chaque mot❌ des points médians sur des mots où la lecture n’est pas fluide 👉 Le problème n’est pas le point médian. Le problème, c’est son mauvais usage. Alors, quelques bonnes pratiques : Choisissez une logique et gardez-la → votre lectorat saura à quoi s’attendre. Variez les techniques → le point médian est un rappel politique fort, mais il n’a pas besoin…

  • I collaborated on a translation about menstrual health

    🤝 One of my 2025 goals has been collaboration. This year, I’ve met a lot of amazing translators and started reflecting on how to go beyond language in order for my processes and partnerships to also better align with my values. That’s how I ended up trying collaborative translation for the first time with Pauline Caclin. Our first project together? A Menstrual Products Guide designed for Muslim migrant communities and originally translated into Urdu and Arabic, an amazing resource created by Irise International, Dr Maria Tomlinson, the DiverseCity Development Trust, and the Menstrual Health Project. When I first mentioned how useful this document would be in French, I witnessed someone…

  • Le Salvador interdit le langage inclusif… en inclusif

    Le Salvador interdit le langage inclusif… en inclusif. Début octobre, le Salvador a adopté une loi pour interdire l’utilisation du « langage inclusif » dans tous les domaines en lien avec l’éducation. J’ai jeté un œil au texte et j’ai pu y identifier trois techniques de langage inclusif principales : 💛 Les néologismesDans cette énumération en gras, les mots « niñe » et « alumn@ » par exemple sont des néologismes, ils seraient des équivalents de nos mots avec point médian (traducteur·rice), fusion sans point médian (traducteurice) ou nouveaux mots (traductaire). C’est la partie du langage inclusif qui a été aussi au cœur des débats en France, parce que c’est celle qui est nouvelle et qui est…

  • K-pop demon hunter and inclusive language

    👀 Have you watched K-pop demon hunters yet? Well I have, and it made me think about inclusive language. In one of the songs, Rumi and Jinu say “We can’t fix it if we never face it” and it’s the same for discrimination in language. Bear with me. Studies have shown that language shapes the way we see the world. And more than that, it can change the way we build it. But to use language as a tool for justice, we first need to look it in the eye: 🔍 What stereotypes are we unknowingly reinforcing? 🔍 What systems are we upholding through the words we use? 🔍 Whose…

  • Et si on parlait plus de X ?

    Aujourd’hui, parlons X. Si vous suivez un peu ce qu’al se passe aux États-Unis, vous avez peut-être vu passer le terme « latinx ». C’est un mot qui est rentré peu à peu dans la culture des États-Unis pour parler des communautés d’origine latinoaméricaine sans les genrer. Deux choses intéressantes à observer par rapport à cette utilisation du « x » : 💡 Il n’est que peu utilisé en Espagne, parce qu’il est difficile à prononcer (comme le « @ » utilisé avant lui), donc les gens privilégient le « e » 💡 Mais en même temps il est intéressant car il est une preuve graphique de la politisation du refus du genre. On barre littéralement le genre du…