Tenir sa langue par Julie Abbou

🫢 J’avoue tout, je n’avais pas lu Julie Abbou.
J’avoue aussi, j’ai lu son livre dans une piscine… et maintenant non seulement il est tout gribouillé mais en plus il tombe en morceaux (je vous jure que je suis de ces personnes qui font très attention à leurs livres normalement).
Maintenant, que c’est dit, passons. Ma phrase préférée :
« Face à un conservatisme républicain hostile à la modification de l’ordre de la langue comme de l’ordre du monde, et face à une libéralisation du genre qui investit les signes linguistiques du féminisme pour les vider de leur force émancipatrice, reste peut-être alors au féminisme, comme souvent, à défaire la vérité du genre, et à en revenir à la perturbation, au désordre, au tumulte et à l’excentrique pour produire de l’illisible comme pratique politique de la grammaire. » (comment ça, ça n’a pas l’air d’être un livre à lire dans une piscine pour se détendre ?)
Ce qu’elle explique, c’est que nous sommes à un point où plusieurs mouvements se développent en parallèle.
👉 D’un côté des groupes conservateurs crient à la « menace mortelle » contre la sacro-sainte langue française immuable.
👉 De l’autre, des groupes capitalistes se réapproprient les approches féministes du langage pour s’ouvrir sur de nouveaux marchés plus progressistes, ce qui tend à dépolitiser ces approches.
Alors que faire?
Mon avis :
✅ Utiliser ces pratiques dans tous les contextes, pour les normaliser et les faire connaitre
✅ Mais surtout les utiliser pour servir des projets engagés, comme ça elles restent politisées
✅ Et rappeler en quoi elles sont politiques quand on les utilise, pour aller à l’encontre de la réappropriation
Cependant, rappelons-nous aussi que des études ont été faites sur le cerveau et le langage inclusif. Elles ont montré qu’utiliser le point médian permet au cerveau de s’imaginer plus de femmes. Si le langage inclusif est de toute façon bénéfique pour changer les imaginaires, est-ce qu’il ne reste pas de toute façon politique, peu importe comment on l’utilise ?
Mais je crois aussi qu’al est un peu naïf de penser que le point médian est la solution magique aux discriminations dans la langue. C’est aussi pour ça qu’on doit continuer à chercher, à tester et à innover, pour aller plus loin que la binarité notamment.
📚 Je me mets donc petit à petit à jour en termes de lectures engagées sur la linguistique, vous avez d’autres recommandations ?